« X » comme xénophobie

Et si nous parlions de xénophilie autant que de xénophobie ? Pourquoi ce 2 ième terme est – il très employé et le premier jamais, que ce soit dans nos conversations quotidiennes, les discours officiels ou dans les communications diverses ? Quel problème dans ce désamour ou ce dés - emploi ? Oubli, malaise, pudeur, que sais – je encore ? La xénophilie existe pourtant en acte, généreuse, dévouée, se déclarant peu verbalement. Mais la xénophobie nous la connaissons. Elle se décline en racisme, anti – sémitisme, anti – noirs parmi les blancs en général, anti – blancs parmi les noirs et pas seulement dans les pays qui furent colonisés en Afrique dite noire. Bref, la xénophobie dont le nom plus courant est le racisme se déploie dans toutes les directions. Il faudrait ajouter les autres xénophobies, certains supposent même que la misogynie est une forme de racisme. Et pourquoi ne pas parler alors d'androgynie car elle existe ou est soupçonnable d'exister dans des mouvements féministes très virulents contre les hommes/mâles. Mais le mot décomposé « xénos+phobie » est fort instructif pour un « humanisme de l'autre homme » (comme a titré E. Lévinas pour un de ses livres majeurs1 et entendons « homme »  au sens de l'être humain). Xénos, mot d'origine grecque est presque un piège par sa bivalence puisqu'il désigne à la fois l'étranger et l'hôte, celui qu'on reçoit. La leçon est claire pour comprendre la xénophobie contemporaine : refus de recevoir l'étranger, d'être son hôte. Mais difficulté dans la langue française : l'hôte est à la fois celui qui reçoit et celui qui est reçu, même mot. Est – ce la même idée ? Non, si n'est mon hôte que celui qui ne représente aucune étrangeté, s'il ne m'est pas étranger, donc s'il est même que moi. Si l'hôte ne m'est  pas étranger, j'ai restreint ma xénophilie à trois fois rien. Comme par un tour de prestidigitation elle s'est déguisée en xénophobie en se réduisant au même. Difficulté d'accepter et de se faire l'hôte de celui qui est si différent de moi, que je ne puis ni l'accueillir ni l'accepter. Oui, ici phobie et non « philie »  (amitié) envers l'étranger jusqu'au jour où l'on devient étranger à l'étranger, chez les autres, pays, régions, nations. Là, à notre tour nous attendons l'accueil et l'hospitalité qui rompent les séparations irréductibles, instaurent une amitié et, sortant enfin du « neutre » « le rapport de Moi à Autrui, se coule dans la forme du Nous »2 ( Lévinas ). Prenons ce « nous » éradiquons la fausse neutralité du « eux » xénophobe.                                                                   Philos                    

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